Le plan de secours de l'euro expliqué aux nuls

Le premier étage, c'est la Commission européenne : en empruntant sur les marchés, avec une garantie apportée par le budget communautaire, elle va être ainsi capable de prêter 60 milliards d'euros aux membres de la zone euro qui pourraient en avoir besoin. "Une vraie révolution, pour Elie Cohen, chercheur au CNRS : c'est un mécanisme quasi-fédéral, mais qui porte sur une somme réduite, et insuffisante par rapport aux besoins". Le complément est fourni par le deuxième étage, constitué par les Etats membres de la zone euro eux-mêmes. Ils vont créer une société spéciale chargée d'emprunter sur les marchés, et lui apporter leurs garanties, proportionnellement à leur participation dans le capital de la BCE - soit 88 milliards environ pour la France. Cette société ad hoc, de droit privé luxembourgeois, sera capable d'emprunter jusqu'à 440 milliards d'euros pour le prêter ensuite aux pays qui le demandent. En tout, donc, 500 milliards d'euros sont mobilisables.​



500 milliards d'euros! C'est une somme énorme!

Oui. Une somme gigantesque, à laquelle il faut ajouter 250 milliards d'euros que le FMI pourra lui aussi fournir. 750 milliards, donc. De quoi impressionner favorablement les marchés financiers, ce qui était l'un des objectifs. Et ça a marché : les Bourses sont euphoriques ce lundi, les taux grecs se détendent de façon spectaculaire et l'euro remonte. Il est même brièvement passé lundi matin au-dessus de 1,3 dollar
C'est la fin de la crise, alors ?

Eh non. Comme le note sur son blog le correspondant du Financial Times à Bruxelles, "les difficultés de la zone euro n'ont pas disparu du jour au lendemain. Pour les trois prochaines années au moins, la hausse des impôts et l'austérité devront toujours être à l'ordre du jour. Et la véritable question, c'est de savoir si les gouvernements auront la volonté politique et le soutien populaire pour mettre en oeuvre les politiques impopulaires qui sont nécessaires". Nicolas Bouzou renchérit : "c'est une bulle d'oxygène, mais ça ne résout pas le problème du surendettement de nombreux Etats de la zone euro". La partie la plus difficile commence donc maintenant, avec la mise en place des plans de rigueur partout en Europe. Et en contrepartie, la définition de sanctions pour ceux qui n'iraient pas assez loin dans le régime sec. Même si cela n'a jamais été lé fort de Bruxelles, le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, a d'ailleurs exprimé dès lundi le souhait que les budgets des Etats de l'UE soient davantage sous surveillance. Sans donner plus de détail. La mise en place d'un monitoring plus poussé de la situation financière des pays de l'euroland sera sans doute un des prochains défis de la zone.​
 
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